Visiter Rabat

La capitale a des sites majeurs et personne devant. Une kasbah bleue et blanche au-dessus de l’Atlantique, un minaret inachevé du douzième siècle, une nécropole habitée par des cigognes.

Mis à jour : septembre 202610 min de lecture

1 à 2 jours
La durée qui convient
2012
Inscrite à l’UNESCO
44 m
La tour Hassan, inachevée
1 h
De train depuis Casablanca
Kasbah des Oudayas à Rabat, maisons blanches et bleues sur les remparts au-dessus de l’océan

Ce qui vaut le détour à Rabat

Huit lieux, et le temps à leur accorder. Les cinq premiers se font sans voiture.
Les sites à voir à Rabat et le temps à y consacrer
LieuDuréeCe qu’il faut savoir
La kasbah des Oudayas1 heure 30Ruelles blanches et bleues sur un éperon face à l’océan, entrée libre
La tour Hassan et le mausolée1 heureUn minaret inachevé de 1195 et le tombeau de Mohammed V
Le Chellah1 heure 30Nécropole mérinide sur une ville romaine, avec ses cigognes
La médina1 heurePetite, sans harcèlement, on y traverse sans être suivi
Le jardin d’essais botaniques1 heureVingt hectares plantés en 1914, presque vides en semaine
Le musée Mohammed VI1 heure 30Art moderne et contemporain marocain, le meilleur du pays
La plage et la cornicheUne demi-journéeFréquentée le week-end, baignade difficile
Salé, de l’autre côté du fleuveUne demi-journéeMédina et médersa mérinide, à cinq minutes de tramway

Source · Relevés sur place, 2026.

L’ensemble est inscrit au patrimoine mondial depuis 2012, sous le nom Rabat, capitale moderne et ville historique : un patrimoine en partage. L’inscription couvre autant la ville dessinée au vingtième siècle que les monuments anciens, ce qui est rare et dit assez bien ce qu’est Rabat.

La kasbah des Oudayas

Le lieu que tout le monde photographie, et le seul qu’il faut voir tôt.

Une forteresse du douzième siècle posée sur un éperon, à l’endroit où le Bouregreg rejoint l’Atlantique. À l’intérieur, des ruelles peintes en blanc et bleu, un jardin andalou, et un café en terrasse qui regarde Salé de l’autre côté de l’eau.

L’entrée est libre. Si quelqu’un vous propose un billet ou un guide obligatoire à la porte Bab Oudaïa, c’est faux. Un guide peut être utile, mais il se choisit, il ne s’impose pas.

Venez avant dix heures. Les ruelles sont étroites, les groupes arrivent en milieu de matinée, et la lumière du matin sur le bleu vaut le réveil.

Escalier de pierre montant vers les remparts de la kasbah des Oudayas à Rabat
La kasbah se monte à pied depuis la médina. Rien n’est aménagé, et c’est ce qui la sauve du décor.

La tour Hassan et le mausolée de Mohammed V

Un chantier interrompu il y a huit siècles, resté en l’état, et devenu le monument le plus reconnaissable de la ville.

En 1195, le sultan almohade Yacoub al-Mansour lance la construction de ce qui devait être la plus grande mosquée du monde musulman. Sa mort arrête tout. Le minaret s’élève à 44 mètres au lieu des 86 prévus, et la salle de prière n’a jamais eu de toit : il n’en reste que des centaines de colonnes tronquées, alignées dans le vide.

En face, le mausolée de Mohammed V, achevé en 1971, abrite les tombeaux du roi et de ses deux fils. Il se visite librement, gardé par des cavaliers en uniforme. Le contraste entre les deux, huit siècles d’écart sur la même esplanade, est le vrai sujet du lieu.

Tour Hassan de Rabat en pierre ocre, palmier au premier plan sous un ciel bleu
Le minaret devait culminer à 86 mètres. Il s’est arrêté à 44 en 1199, à la mort du sultan qui l’avait commandé.

Le Chellah

Le site le moins connu des trois, et celui dont les visiteurs reparlent le plus.

Une nécropole mérinide du quatorzième siècle, bâtie sur les ruines d’une ville romaine, à l’intérieur d’une enceinte fortifiée. Les figuiers ont poussé dans les murs, les cigognes nichent au sommet du minaret, et le tout descend en terrasses vers le fleuve.

Comptez une heure et demie. Venez en fin d’après-midi : la pierre prend la lumière, et les cigognes rentrent. C’est aussi le moment où le site se vide.

Minaret du Chellah à Rabat surmonté de nids de cigognes, tour Mohammed VI au loin
Les cigognes occupent le minaret depuis des générations. Derrière, la tour Mohammed VI, 250 mètres, inaugurée en avril 2026 : sept siècles séparent les deux silhouettes.

Que faire à Rabat en 1, 2 ou 3 jours

Une journée pour l’essentiel, deux pour la ville, trois seulement si vous en faites une base.
1 jourUne journée, l’essentiel à piedDétail

Les trois sites majeurs tiennent dans une journée, et deux d’entre eux se touchent. Le Chellah est le seul qui demande un taxi.

  • Matin · Kasbah des Oudayas, son jardin andalou et le café maure au-dessus de l’estuaire.
  • Midi · Déjeuner dans la médina, à deux pas de la kasbah.
  • Après-midi · Tour Hassan et mausolée de Mohammed V, à vingt minutes de marche.
  • Fin de journée · Le Chellah, en taxi, pour la lumière et les cigognes.
2 joursDeux jours, avec Salé et les muséesDétail

Le second jour sort du circuit monumental. C’est celui qui fait comprendre pourquoi les gens aiment vivre ici.

  • Jour 1 · Le programme d’une journée ci-dessus.
  • Jour 2 matin · Musée Mohammed VI, puis le jardin d’essais botaniques.
  • Jour 2 après-midi · Tramway pour Salé, médina et médersa.
  • Soir · Un dîner de poisson au bord de l’estuaire.
3 joursTrois jours, avec Casablanca à la journéeDétail

Trois jours à Rabat seule sont de trop. En revanche, Rabat est une excellente base : plus calme et moins chère que sa voisine, à une heure de train.

Excursions et activités à réserver

Les activités les plus réservées

Visites guidées de la médina et de la kasbah, excursions vers Casablanca ou Meknès : ce que réservent le plus les visiteurs, avec leur durée et leur prix d’appel.

Salé, de l’autre côté du fleuve

Le tramway franchit le Bouregreg en cinq minutes et dépose de l’autre côté, dans une ville que presque aucun visiteur ne traverse. Salé a sa propre médina, sa grande mosquée et une médersa mérinide du quatorzième siècle dont les plafonds de cèdre et les zelliges valent le détour.

L’intérêt n’est pas monumental, il est de contraste. Salé vit sans touristes, les prix y sont ceux d’une ville marocaine ordinaire, et la traversée coûte six dirhams.

Où manger à Rabat

Dans la médina, à midi. Les gargotes de la rue des Consuls et des rues adjacentes servent tajines et brochettes pour 50 à 100 dirhams. On mange bien et sans protocole.

Au bord de l’estuaire, le soir. Les tables installées face à la kasbah, côté Rabat comme côté Salé, servent le poisson du jour pour 150 à 300 dirhams. C’est le meilleur moment de la journée pour voir la kasbah, éclairée depuis l’eau.

À Agdal, pour sortir du circuit. Le quartier concentre les adresses où mangent les Rabatis, cuisine marocaine comme internationale. Les prix sont moyens et la clientèle locale.

Où loger à Rabat

Quatre secteurs, et ce qu’ils changent au séjour.
Les quartiers où dormir à Rabat
QuartierCe qu’on y gagneCe qu’il faut savoir
Médina et OudayasLe cadreMaisons d’hôtes dans la médina, calme, tout à pied
AgdalLa vie de quartierRésidentiel, cafés et restaurants, à vingt minutes du centre
HassanLa positionEntre la gare, la tour Hassan et la médina, pratique et sans charme
Corniche et HarhouraLa merAu sud, face à l’océan, demande une voiture

Pour une ou deux nuits, dormez dans la médina : les maisons d’hôtes y sont moins chères qu’à Marrakech, la kasbah est à cinq minutes et rien n’oblige à prendre un taxi. Les questions de quartier au long cours sont traitées sur notre page s’installer à Rabat.

Le budget d’un séjour à Rabat

Moins chère que Casablanca sur le logement, et deux fois moins que Marrakech sur les maisons d’hôtes.
Prix courants à Rabat, relevés en 2026
PosteEn dirhamsEn euros
Nuit en maison d’hôtes, médina400 à 800 MAD37 à 74 €
Repas dans la médina50 à 100 MAD5 à 9 €
Dîner de poisson au bord de l’eau150 à 300 MAD14 à 28 €
Entrée du Chellah70 MAD6,50 €
Entrée du musée Mohammed VI40 MAD3,70 €
Course en petit taxi10 à 30 MAD1 à 3 €
Ticket de tramway6 MAD0,55 €

Source · Relevés sur place, 2026. Conversion au taux du moment.

Les équivalents en euros vieillissent avec le change : c’est le montant en dirhams qui fait foi. Le taux du jour du dirham se vérifie en une ligne, et le détail des budgets figure sur notre page coût de la vie au Maroc.

Quand aller à Rabat

Avril à juin, puis septembre à novembre. Le printemps est la meilleure fenêtre : les jardins et le Chellah y sont au mieux, et il ne pleut presque plus.

L’Atlantique tempère la ville toute l’année. L’été reste supportable, autour de 26 à 28 degrés, quand Marrakech dépasse les 40. C’est l’argument que personne n’avance en faveur de Rabat, et c’est le meilleur.

L’hiver est doux mais humide, avec des pluies franches de novembre à février. Les sites restent praticables, la lumière est superbe entre deux averses, et il n’y a personne. Le détail saison par saison figure sur quand partir au Maroc.

Comment aller à Rabat

TrainDepuis Casablanca ou l’aéroportDétail

Le train relie Casablanca à Rabat en une heure, et c’est la liaison la plus fréquente du pays : un départ toutes les trente minutes en journée. Depuis l’aéroport Mohammed V, le trajet direct prend environ une heure quarante.

Deux gares : Rabat-Ville, en plein centre et à quinze minutes à pied de la médina, et Rabat-Agdal, où s’arrête la ligne à grande vitesse.

Longue distanceDepuis Tanger, Fès ou MarrakechDétail

La ligne à grande vitesse met le détroit et la kasbah de Tanger à un peu plus d’une heure de Rabat-Agdal. Fès est à deux heures trente environ, Marrakech à trois heures quarante.

Sur placeCirculer sur placeDétail

Le tramway traverse la ville et franchit le fleuve jusqu’à Salé. Il dessert la gare, la médina, la tour Hassan et le quartier Agdal, ce qui couvre presque tout ce qu’un visiteur veut voir.

Les petits taxis bleus fonctionnent au compteur et coûtent peu. Le Chellah et les plages du sud sont les seuls endroits où ils deviennent utiles.

Questions fréquentes sur la visite de Rabat

Que faut-il voir à Rabat en priorité ?

La kasbah des Oudayas et son jardin andalou, la tour Hassan avec le mausolée de Mohammed V, et le Chellah, une nécropole mérinide construite sur une ville romaine. Ces trois sites tiennent dans une journée. Si vous en avez deux, ajoutez le musée Mohammed VI et une traversée vers Salé en tramway.

Combien de jours faut-il pour visiter Rabat ?

Une journée pour les trois sites majeurs, deux pour prendre le temps des musées et de Salé. Un troisième jour ne se justifie que si vous utilisez Rabat comme base pour Casablanca, à une heure de train.

Que faire à Rabat en une journée ?

Commencez par la kasbah des Oudayas le matin, quand elle est encore vide, avec une pause au café maure qui surplombe l’estuaire. Déjeunez dans la médina, rejoignez la tour Hassan et le mausolée à pied, puis finissez au Chellah en fin d’après-midi, quand la lumière tombe sur les ruines et que les cigognes rentrent.

Rabat vaut-elle le détour par rapport à Marrakech ou Fès ?

Elle ne joue pas dans la même catégorie et ne cherche pas à le faire. Rabat n’a pas la densité de Fès ni le décor de Marrakech, mais elle offre ce qu’aucune des deux n’a : des sites majeurs sans foule, une médina où personne ne vous suit, et une ville qui fonctionne. Pour un voyageur qui a déjà fait le sud, c’est un soulagement.

Rabat est-elle inscrite au patrimoine mondial ?

Oui, depuis 2012, sous le nom « Rabat, capitale moderne et ville historique : un patrimoine en partage ». L’inscription couvre à la fois la ville du vingtième siècle et les ensembles anciens, dont la kasbah des Oudayas, la tour Hassan et le Chellah.

Peut-on se baigner à Rabat ?

La plage de Rabat et celle de Salé sont fréquentées l’été, mais l’Atlantique y est froid, agité et parcouru de courants. Ce n’est pas une destination balnéaire. Pour la baignade, descendez vers Agadir ou remontez vers les plages plus abritées du nord.

Quelle est la meilleure période pour visiter Rabat ?

Avril à juin et septembre à novembre. L’océan tempère la ville toute l’année : l’été y reste supportable quand Marrakech dépasse 40 degrés, et l’hiver est doux mais pluvieux. Le printemps est la meilleure fenêtre, le Chellah et les jardins y sont au mieux.

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