Titre de séjour au Maroc
Qui peut rester 90 jours sans rien demander, à partir de quand le titre devient obligatoire, quelles pièces réunir et où les déposer.
Mis à jour : septembre 202612 min de lecture
- 90 j
- Sans visa, par entrée
- 3 mois
- Pour déposer après l’arrivée
- 1 an
- Validité de la première carte
- 4 ans
- Avant la carte de résident

Qui a besoin de quoi
Un Français entre au Maroc avec son seul passeport et peut y rester 90 jours par entrée. Pas de visa, pas de formulaire préalable. La même exemption vaut pour les Belges, les Suisses et les Canadiens. Les ressortissants des pays non exemptés, eux, demandent un visa avant le départ, en ligne ou au consulat marocain.
Au-delà de 90 jours passés sur le sol marocain, tout étranger doit détenir un titre de séjour. La règle ne distingue pas les nationalités : elle vaut pour un Français comme pour un autre. La convention franco-marocaine de 1987 simplifie l’instruction, elle ne dispense de rien.
Le compteur des 90 jours démarre au tampon d’entrée et se compte par entrée, pas par année civile. Une sortie du territoire ouvre une nouvelle période.
Les quatre titres, et à qui ils s’adressent
| Titre | Pour qui | Ce qu’il faut prouver |
|---|---|---|
| Retraite | Retraités justifiant de ressources régulières | Pension d’au moins 3 500 MAD par mois, logement au Maroc, casier vierge |
| Salarié | Salariés d’une entreprise marocaine | Contrat de travail homologué par l’ANAPEC |
| Investisseur | Créateurs d’entreprise et investisseurs | Justifier de l’investissement ou de l’immatriculation de la société |
| Conjoint | Époux d’un résident étranger ou d’un ressortissant marocain | Acte de mariage et titre du conjoint, ou CIN du conjoint marocain |
Source · Service des étrangers de la Direction générale de la sûreté nationale, 2026.
Le titre retraite est le plus accessible aux Français, et de loin le plus demandé. Il ouvre par ailleurs l’abattement fiscal sur les pensions transférées, détaillé dans notre guide de la retraite au Maroc.
Le titre investisseur passe par la création d’une structure locale. C’est la voie des indépendants qui n’ont ni pension ni contrat marocain, et elle se prépare avec un comptable avant l’immatriculation, pas après.
Constituer le dossier
Les pièces communes à toutes les catégoriesDétail
Passeport en cours de validité et copies des pages d’identité et du tampon d’entrée, photos d’identité récentes au format marocain, formulaire de demande retiré au service des étrangers, justificatif de domicile au Maroc.
S’ajoutent un extrait de casier judiciaire et, selon les préfectures, un certificat médical. La liste varie d’une préfecture à l’autre : celle affichée au guichet fait foi, pas celle trouvée en ligne.
Le justificatif de domicile, la pièce qui bloqueDétail
Un contrat de bail enregistré, un acte de propriété, ou une attestation d’hébergement légalisée si vous êtes logé par un tiers. C’est la pièce qui retarde le plus de dossiers, parce qu’elle suppose d’avoir déjà signé un bail.
L’enregistrement du bail se fait auprès de la Direction générale des impôts. Un bail non enregistré ne vaut rien au guichet, même signé et payé.
Traduction et légalisationDétail
Les documents en français passent en général sans difficulté. Certaines préfectures réclament une traduction en arabe par un traducteur assermenté, et la légalisation des copies en commune. Vérifiez ce point auprès de votre préfecture avant de payer des traductions dont personne ne voudra.
Où et comment déposer

Le dépôt se fait en personne, au service des étrangers de la préfecture dont dépend votre domicile. Selon les villes, c’est la préfecture de police qui reçoit. Il n’existe pas de dépôt en ligne.
Venez le matin, à l’ouverture, entre 8h30 et 9h. Comptez une à deux visites avant le dépôt officiel : le guichet vérifie d’abord que le dossier est complet, et refuse de l’enregistrer tant qu’il ne l’est pas.
Ce que ça coûte
Les droits sont de 100 dirhams par année de validité du titre : 100 dirhams pour une carte d’un an, jusqu’à 1 000 dirhams pour une carte de dix ans ou une carte de résidence. C’est une dépense modeste, et ce n’est pas là que se joue le budget.
Deux précisions pratiques. Le paiement se fait en espèces, les timbres fiscaux n’étant plus acceptés : exigez un reçu. Et les ressortissants sénégalais, tunisiens et algériens en sont dispensés.
L’essentiel de la dépense tient ailleurs. Traductions assermentées quand la préfecture les réclame, légalisation des copies en commune, photos au format marocain, enregistrement du bail auprès de la Direction générale des impôts. Ces frais-là se cumulent et personne ne les annonce.
Un intermédiaire facture ses honoraires par-dessus. Il connaît les usages de sa préfecture, ce qui a de la valeur, mais il n’accélère pas l’instruction.
Renouveler, puis s’installer durablement
La première carte vaut un an. Le renouvellement se prépare deux à trois mois avant l’expiration, avec un dossier actualisé : ressources récentes, nouveau justificatif de domicile, parfois un certificat médical à jour.
Après plusieurs renouvellements réguliers, la durée peut être portée à deux puis trois ans. Au bout de quatre ans de résidence légale et continue, cinq dans certaines préfectures, la carte de résident de dix ans devient accessible.
Son dossier ressemble à celui du titre annuel, augmenté de preuves de présence continue sur la période : relevés bancaires, factures, contrats. C’est le moment où l’on cesse de retourner au guichet chaque année.
Dépasser les 90 jours
Rester au-delà de 90 jours sans titre, c’est du séjour irrégulier. La situation se constate rarement dans la rue, et presque toujours au poste frontière, à la sortie du territoire.
À la clé : une amende, un procès-verbal, et une mention au dossier qui complique les entrées suivantes. Rien d’irréversible, mais rien d’anodin non plus pour quelqu’un qui compte revenir.
Une demande déposée avant l’expiration des 90 jours vous protège, même si l’instruction dure : c’est le récépissé qui fait foi pendant ce temps.
Nomades, familles, binationaux, permis
Nomades et travailleurs à distanceDétail
Le Maroc n’a pas créé de visa « nomade digital », contrairement au Portugal ou à l’Espagne. Un travailleur à distance relève donc du même régime qu’un touriste : 90 jours.
Trois voies existent en pratique. Sortir du territoire pour remettre le compteur à zéro, ce qui n’est pas un droit. Déposer un dossier sur un motif recevable, si vous en avez un. Ou créer une structure marocaine, qui ouvre le titre de séjour et fait entrer l’activité dans la fiscalité locale.
Regroupement familialDétail
Le conjoint et les enfants mineurs d’un résident en règle peuvent obtenir un titre lié au sien. Le dossier reprend les pièces habituelles, augmentées du livret de famille ou de l’acte de mariage, et du titre de séjour du demandeur principal. Les mineurs ont besoin de leur propre titre au-delà de 90 jours.
Binationaux franco-marocainsDétail
Un binational entre au Maroc avec son passeport marocain et n’a pas à demander de titre de séjour. La carte nationale d’identité électronique marocaine se demande auprès des services de la sûreté nationale, et elle simplifie ensuite toutes les démarches locales, banque comprise.
Permis de conduireDétail
Le permis français suffit pendant les 90 jours de séjour touristique. Dès l’obtention du titre de séjour, l’échange devient nécessaire. Il se fait au centre d’immatriculation et d’échange des permis : formulaire, photos, traduction du permis et droits de timbre.
Questions fréquentes sur le titre de séjour au Maroc
Quelles sont les conditions pour être résident au Maroc ?
Il faut un motif recevable, un logement et des ressources. Le motif prend la forme d’une des quatre catégories de titre : retraite, salarié, investisseur ou conjoint. Le logement se prouve par un bail enregistré, un acte de propriété ou une attestation d’hébergement légalisée. Les ressources dépendent de la catégorie : pour le titre retraite, une pension d’au moins 3 500 MAD par mois.
Comment faire la carte de séjour au Maroc ?
Le dépôt se fait en personne au service des étrangers de la préfecture dont dépend votre domicile, dans les trois mois suivant l’arrivée. Il n’existe pas de dépôt en ligne. Comptez une à deux visites préalables pour faire vérifier le dossier, puis le dépôt lui-même, contre remise d’un récépissé qui vous couvre pendant l’instruction.
Quel est le prix d’un titre de séjour au Maroc ?
Les droits s’élèvent à 100 dirhams par année de validité du titre : 100 dirhams pour une carte d’un an, et jusqu’à 1 000 dirhams pour une carte de dix ans ou une carte de résidence. C’est donc une dépense modeste. L’essentiel du coût réel tient ailleurs : traductions assermentées, légalisation des copies en commune, photos au format marocain, et enregistrement du bail. Un intermédiaire facture ses honoraires en plus, sans accélérer l’instruction.
Un Français a-t-il besoin d’un visa pour aller au Maroc ?
Non. Un passeport en cours de validité suffit pour un séjour de 90 jours par entrée. La même règle vaut pour les Belges, les Suisses et les Canadiens. Le visa concerne les ressortissants des pays non exemptés, qui le demandent avant le départ, en ligne ou auprès du consulat marocain.
Combien de temps est valable le titre de séjour marocain ?
La première carte est délivrée pour un an. Après plusieurs renouvellements réguliers, sa durée peut être portée à deux puis trois ans. Au bout de quatre ans de résidence légale et continue, cinq dans certaines préfectures, la carte de résident de dix ans devient accessible.
Que risque-t-on à dépasser les 90 jours sans titre de séjour ?
Le séjour devient irrégulier. Le risque se matérialise surtout à la sortie du territoire, où la situation est constatée au poste frontière : amende, procès-verbal, et mention au dossier qui complique les entrées suivantes. Une demande de titre déposée avant l’expiration des 90 jours, elle, protège pendant l’instruction grâce au récépissé.
Peut-on quitter le Maroc pendant l’instruction du dossier ?
Oui, tant que le récépissé est valide. Il se renouvelle aussi longtemps que le dossier est en cours. Sortir avec un récépissé périmé complique sérieusement le retour, et c’est l’erreur la plus fréquente pendant cette période.
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