Visiter Casablanca

La plus grande ville du Maroc n’est pas la plus touristique, et c’est ce qui la rend intéressante. Une mosquée hors norme, un centre art déco méconnu, et une journée qui suffit.

Mis à jour : septembre 202610 min de lecture

1 jour
La durée qui convient
210 m
Le plus haut minaret du monde
1 h
De train jusqu’à Rabat
1930
L’âge d’or de son architecture
Mosquée Hassan II de Casablanca vue depuis son esplanade en zellige, minaret sur ciel bleu

Est-ce que Casablanca vaut le coup

C’est la question la plus posée sur cette ville, et elle mérite une réponse tranchée plutôt qu’un panorama complaisant.

Oui pour une journée, non pour un séjour. Casablanca n’a ni médina monumentale, ni palais, ni souk qui vaille le déplacement. Ce qu’elle a, aucune autre ville marocaine ne l’a : la plus grande mosquée du pays, le plus vaste ensemble art déco construit hors d’Europe, et une vie urbaine ordinaire.

Les voyageurs déçus sont presque toujours ceux qui y sont venus chercher ce que Marrakech offre : des ruelles, des riads, une carte postale. Ceux qui repartent contents y sont venus voir une ville du vingtième siècle, portuaire et pressée, qui ressemble à ce qu’est le Maroc aujourd’hui plutôt qu’à ce qu’il a été.

Un point pratique décide souvent à lui seul : beaucoup d’arrivées internationales se font à l’aéroport Mohammed V. Une journée à Casablanca à l’arrivée ou au départ ne coûte aucun détour, alors qu’un aller-retour depuis Marrakech en coûterait deux.

Ce qui vaut le détour à Casablanca

Huit lieux, et le temps à leur accorder. Le tramway relie les six premiers.
Les sites à voir à Casablanca et le temps à y consacrer
LieuDuréeCe qu’il faut savoir
La mosquée Hassan II2 heuresLe seul lieu de culte du pays ouvert aux non-musulmans, visite guidée obligatoire
Le centre art décoUne demi-journéeLe plus grand ensemble des années 1920 et 1930 hors d’Europe, à faire à pied
La place Mohammed V30 minutesAdministrations, palmiers et pigeons, le cœur du plan Lyautey
Le marché central45 minutesPoissonniers et primeurs sous une halle de 1917, on y déjeune
L’ancienne médina1 heurePetite et populaire, sans intérêt monumental mais vivante
La corniche d’Aïn DiabUne soiréeRestaurants et piscines face à l’Atlantique, le Casablanca du week-end
La villa des Arts1 heureArt contemporain marocain dans un bâtiment art déco de 1934, entrée libre
Le quartier Habous1 heure 30Médina construite en 1918, ordonnée, avec ses librairies et ses pâtissiers

Source · Relevés sur place, 2026.

La mosquée Hassan II

Le seul lieu de culte du pays ouvert aux non-musulmans, et la raison pour laquelle la plupart des visiteurs s’arrêtent ici.

Son minaret culmine à 210 mètres, ce qui en fait le plus haut du monde. L’ensemble accueille 105 000 fidèles : 25 000 dans la salle de prière, 80 000 sur l’esplanade. Elle a été inaugurée le 30 août 1993.

Une partie de l’édifice est bâtie au-dessus de l’Atlantique, sur une plateforme gagnée sur la mer. Le sol de la salle de prière est en partie vitré, et la toiture s’ouvre. Cela ne se devine pas de l’extérieur, et c’est ce que la visite guidée apporte.

Galerie d’arcades en marbre de la mosquée Hassan II de Casablanca, silhouette d’une visiteuse
Les galeries extérieures se parcourent librement. La salle de prière ne se visite qu’accompagné, et c’est là que se trouve l’essentiel.

La visite est guidée et à heures fixes. Elle se fait en plusieurs langues dont le français, dure environ une heure, et s’achète sur place ou en ligne. Les créneaux se remplissent en haute saison : venez à la première du matin, la lumière y est meilleure et les groupes moins nombreux.

Tenue couvrante pour tout le monde, épaules et genoux. Les chaussures se retirent à l’entrée de la salle de prière et se portent à la main dans un sac fourni. Les visites s’interrompent aux heures de prière et le vendredi midi.

Minaret de la mosquée Hassan II encadré par une arche, Casablanca
Le minaret se voit de presque partout dans la ville, ce qui aide à se repérer autant qu’à comprendre l’échelle du bâtiment.

Le centre art déco, à faire à pied

Le patrimoine le plus sous-estimé du Maroc, et le seul qui demande de lever la tête.

Entre 1912 et 1956, Casablanca est devenue le laboratoire d’une génération d’architectes qui pouvaient bâtir ici ce que Paris leur refusait. Il en reste le plus grand ensemble art déco et moderniste construit hors d’Europe.

Le circuit tient en deux heures et se fait sans guide. Partez de la place des Nations Unies, remontez le boulevard Mohammed V et ses galeries commerçantes, passez par le marché central, puis rejoignez la place Mohammed V et ses bâtiments administratifs des années vingt.

L’état des immeubles va du restauré au délabré, parfois dans la même rue. C’est décevant si vous attendez un quartier muséifié, et c’est justement l’intérêt : ces bâtiments sont habités, les commerces du rez-de-chaussée fonctionnent, et les cages d’escalier se visitent en poussant une porte.

La villa des Arts, bâtie en 1934, se visite gratuitement et donne une idée de ce à quoi ressemblaient ces intérieurs. Elle expose de l’art contemporain marocain.

Que faire à Casablanca en 1 ou 2 jours

Une journée suffit. Le second jour ne sert pas à voir plus, mais à aller ailleurs.
1 jourUne journée, en escale ou entre deux trainsDétail

Casablanca se visite très bien en une journée, et c’est souvent la bonne durée. La ville n’est pas un musée : elle travaille.

  • 9 h · Mosquée Hassan II, à la première visite guidée de la journée.
  • 11 h 30 · Marché central, puis déjeuner de poisson sur place.
  • 14 h · Centre art déco à pied, du boulevard Mohammed V à la place Mohammed V.
  • 17 h · Quartier Habous, pour les librairies et les cornes de gazelle.
  • 19 h · Corniche d’Aïn Diab, dîner face à l’océan.
2 joursDeux jours, avec Rabat en excursionDétail

Le second jour, la question n’est pas de voir plus de Casablanca, mais de profiter de sa position. Rabat est à une heure de train, cadencé toute la journée.

  • Jour 1 · Le programme d’une journée ci-dessus.
  • Jour 2 matin · Train pour la kasbah des Oudayas et la tour Hassan.
  • Jour 2 après-midi · Le Chellah, puis retour à Casablanca en fin de journée.

L’inverse fonctionne aussi bien : dormir à Rabat, plus calme et moins chère, et venir à Casablanca à la journée.

Excursions et activités à réserver

Les activités les plus réservées

Visites guidées de la mosquée, tours de ville à pied, excursions vers Rabat : ce que réservent le plus les visiteurs, avec leur durée et leur prix d’appel.

Où manger à Casablanca

Le marché central, à midi. On achète son poisson à l’étal et on le fait griller sur place, dans l’un des restaurants qui bordent la halle. Comptez 60 à 120 dirhams pour un repas complet. C’est la meilleure adresse de la ville pour le rapport entre le prix et ce qu’on y mange.

La corniche d’Aïn Diab, le soir. Les tables font face à l’océan et les prix montent en conséquence, de 200 à 400 dirhams. C’est là que sort la ville le week-end, et c’est autant pour l’ambiance que pour l’assiette.

Les cafés du centre. Casablanca a une culture du café héritée des années trente, avec des salles hautes et des terrasses en angle de rue. Un petit déjeuner marocain, msemen et thé, se prend pour une vingtaine de dirhams.

Où loger à Casablanca

Quatre quartiers, et ce qu’ils changent concrètement au séjour.
Les quartiers où dormir à Casablanca
QuartierCe qu’on y gagneCe qu’il faut savoir
Centre art décoÀ pied de toutLe meilleur compromis. Bruyant le jour, calme le soir, prix contenus
GauthierRésidentiel et sûrCafés, restaurants, quelques hôtels de charme, à vingt minutes du centre
Aïn DiabFace à l’océanLes hôtels balnéaires et les grandes chaînes, loin du centre historique
Autour de Casa-PortPratique en escaleUtile si vous enchaînez les trains, sans autre intérêt

Pour une journée de visite, dormez dans le centre art déco : tout s’y fait à pied et le tramway passe devant la porte. Aïn Diab n’a de sens que si vous venez pour la plage ou pour les hôtels de chaîne, et impose un taxi à chaque déplacement.

Plage urbaine de Casablanca, baigneurs et parasols face à l’Atlantique
L’Atlantique de Casablanca se baigne mal : eau froide, rouleaux et courants. La ville s’y installe surtout pour regarder.

Le budget d’une journée à Casablanca

Plus chère que le reste du pays sur le logement et la restauration, mais imbattable sur les transports.
Prix courants à Casablanca, relevés en 2026
PosteEn dirhamsEn euros
Nuit en hôtel de charme, centre500 à 900 MAD46 à 83 €
Repas au marché central60 à 120 MAD6 à 11 €
Dîner sur la corniche200 à 400 MAD18 à 37 €
Entrée mosquée Hassan II, visite guidée140 MAD13 €
Course en petit taxi, en ville15 à 40 MAD1,50 à 4 €
Ticket de tramway6 MAD0,55 €

Source · Relevés sur place, 2026. Conversion au taux du moment.

Le poste qui surprend est le transport : six dirhams le trajet de tramway, soit cinquante-cinq centimes, dans une ville qui se traverse en trente minutes. Les montants convertis vieillissent, c’est le prix en dirhams qui fait foi ; le convertisseur dirham euro donne le taux du jour.

Comment aller à Casablanca et y circuler

AvionArriver en avionDétail

L’aéroport Mohammed V est le premier du pays et se trouve à trente kilomètres au sud de la ville. Le train le relie à Casa-Port en quarante minutes environ, pour une quarantaine de dirhams, ce qui reste le moyen le plus simple et le moins cher.

Le taxi depuis l’aéroport se négocie avant de monter. Comptez nettement plus que le train, et davantage la nuit.

TrainArriver en trainDétail

Casablanca est le centre du réseau ONCF. Rabat est à une heure, Marrakech à deux heures quarante, Tanger à deux heures dix par la ligne à grande vitesse. Les trains sont cadencés et la première classe coûte peu de chose de plus.

Deux gares principales : Casa-Voyageurs, où arrivent les grandes lignes, et Casa-Port, à cinq minutes à pied du centre art déco. Le tramway relie les deux.

Sur placeCirculer sur placeDétail

Le tramway, ouvert en 2012, dessert l’essentiel de ce qu’un visiteur veut voir, y compris la mosquée Hassan II. C’est la seule ville marocaine où se passer de taxi est réaliste.

Les petits taxis rouges fonctionnent au compteur. Exigez qu’il soit enclenché : c’est la règle, et le refus est le premier signe d’un prix touriste. Le détail des tarifs et des usages figure dans notre page sur la conduite et la location de voiture.

Questions fréquentes sur la visite de Casablanca

Est-ce que Casablanca vaut le coup ?

Oui pour une journée, non pour un séjour. La ville n’a ni médina monumentale ni palais : elle a la plus grande mosquée du pays, le plus vaste ensemble art déco hors d’Europe et une vie urbaine que le reste du Maroc n’offre pas. C’est une escale réussie et une destination principale décevante. Si vous n’avez qu’une semaine et que vous cherchez le Maroc des cartes postales, allez à Marrakech ou à Fès.

Combien de temps faut-il pour visiter Casablanca ?

Une journée pleine suffit à voir la mosquée Hassan II, le centre art déco, le marché central et la corniche. Deux jours n’ont de sens que si vous utilisez le second pour Rabat, à une heure de train, ou pour prendre le temps de l’architecture des années trente, qui se mérite en marchant.

Peut-on visiter la mosquée Hassan II sans être musulman ?

Oui. C’est le seul lieu de culte du Maroc ouvert aux non-musulmans, en dehors des heures de prière et uniquement en visite guidée. Les visites se font à heures fixes, en plusieurs langues dont le français, et le billet s’achète sur place ou en ligne. Tenue couvrante, chaussures retirées à l’entrée de la salle de prière.

Quels sont les inconvénients de Casablanca ?

La circulation, le bruit et l’absence de centre historique monumental. La ville s’est construite au vingtième siècle autour d’un port : elle n’a pas l’épaisseur touristique de Fès ou de Marrakech. Le harcèlement commercial y est en revanche bien plus faible qu’à Marrakech, et c’est un vrai confort.

Casablanca est-elle une ville sûre ?

Pour la vie quotidienne et pour un visiteur, oui. Les précautions sont celles de toute grande ville : attention aux pickpockets dans les transports et l’ancienne médina, prudence la nuit dans les quartiers périphériques, et vigilance dans la circulation, qui reste le vrai danger. Le détail figure sur notre guide de l’expatriation à Casablanca.

Que faire à Casablanca le soir ?

La corniche d’Aïn Diab concentre les restaurants et les bars face à l’océan, et c’est là que sort la ville. Le centre-ville a rouvert ces dernières années quelques adresses dans des immeubles art déco restaurés. Casablanca est, avec Tanger, la ville marocaine où la vie nocturne existe vraiment.

Vaut-il mieux dormir à Casablanca ou à Rabat ?

Rabat est plus calme, plus verte et moins chère, et le train met une heure. Si votre programme mêle les deux villes, dormir à Rabat et venir à Casablanca à la journée est souvent le meilleur choix. Dormez à Casablanca si vous avez un vol tôt ou si vous voulez sortir le soir.

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